
Pourquoi j'ai choisi le théâtre
Avant le cinéma, avant les castings, il y avait une scène en bois, une lumière tremblante, et la certitude absolue que c'est là que les choses vraies se passent.
Je me souviens de la première fois que j'ai mis le pied sur une vraie scène. Pas un gymnase converti, pas un hall d'école transformé pour l'occasion — une vraie salle de théâtre, avec ses fauteuils rouges, son odeur de poussière et de résine, son obscurité totale depuis les coulisses.
Ce que j'ai ressenti n'avait rien à voir avec la performance. C'était quelque chose de plus primitif — la sensation d'être exactement à l'endroit où je devais être. Comme si tout le reste — les classes, les dimanches, les trajets en métro — n'avait été qu'une longue préparation à ce moment précis.
Le théâtre m'a appris une chose que le cinéma ne peut pas enseigner de la même façon : l'irréversibilité. Chaque soir, chaque représentation est unique. Il n'y a pas de deuxième prise, pas de montage pour réparer une erreur de rythme. Il y a juste la scène, les autres acteurs, et l'espace entre vous et le public — cet espace qui respire.
C'est pour ça que je reviens toujours au plateau. Pas par nostalgie, mais parce que c'est là que l'apprentissage ne s'arrête jamais vraiment. Chaque soir, il y a quelque chose de nouveau à découvrir dans un texte qu'on pensait connaître par cœur.
Et puis il y a quelque chose d'humble dans le théâtre. On ne fait pas de photo de soi dans les coulisses. On prépare, on joue, on disparaît. La trace ne reste que dans la mémoire de ceux qui étaient là ce soir-là. J'aime ça — cette façon d'exister sans laisser de cicatrice permanente.
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